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Aujourd'hui: « Nos souvenirs, nos émotions... »
Des souvenirs pour la vie
entière
Il nous arrive de vivre des expériences si plaisantes
qu'on voudrait qu'elles ne s'effacent jamais de nos mémoires. Est-il possible
de s’arranger pour que certains de nos meilleurs moments ne s’éteignent jamais
?
"Je m'en souviens comme si c'était hier..." Qui
n'a jamais prononcé cette phrase en se rappelant un souvenir lointain ?
Dans ce type de situation, nous ne prenons même pas la
peine de nous demander comment nous avons pu conserver intactes ces
informations. Et pourtant, nous l'avons bien fait ! C'est au moment où l'on
s'en doute le moins, que l'on travaille pour la postérité de ses souvenirs.
Quand nous rêvons la nuit, le cerveau opère un classement des événements
récemment vécus. Il les trie et les ordonne, selon leur intérêt vis à vis des
expériences passées.
Parfois, la mécanique s'enraye et le cerveau ne parvient
pas à établir de lien entre les informations fraîches et celles déjà anciennes.
Nous effectuons alors ce genre de rêve bizarre ou absurde auquel nous ne
comprenons pas grand chose. Après une journée ordinaire où il ne s'est rien
passé, il y a de fortes chances pour ne plus se rappeler nos rêves le lendemain
matin. Le cerveau aura alors fonctionné à l'économie.
Lorsque nous vivons un moment intense, les faits sont
stockés dans notre mémoire de travail, parmi toutes les autres informations
mémorisées durant la journée, coups de téléphone, repas ou même difficulté à
trouver une place de parking. C'est donc dans un second temps, pendant le
sommeil, que le cerveau réalise son travail de consolidation, en sélectionnant
le "grand moment" pour l'inscrire dans la mémoire à long terme.
Posséder un sommeil de qualité est la meilleure façon de conserver ses
souvenirs longtemps. Un insomniaque n'est pas à proprement parler amnésique, il
éprouve cependant un mal fou à faire appel à des souvenirs éloignés.
Médecins
ou chercheurs, tous les spécialistes de la mémoire s'accordent sur un point :
nos émotions sont le moteur de nos souvenirs. Ce qui permet de mieux comprendre
l'adage : "elles n'oublient jamais". Les femmes possèdent une mémoire
émotionnelle nettement supérieure à celle des hommes.
La
science ne parvient pas encore à l'expliquer, mais il est aujourd'hui admis
qu'une forte émotion associée à un événement aide à s'en souvenir durablement.
C'est pourquoi une personne cherchant à trop contrôler ses émotions a tendance
à gêner la formation des souvenirs. En dissimulant nos sentiments, nous
imposons au cerveau un travail supplémentaire qui le prive de ressources
vitales pour l'entretien de la mémoire. En effet, la matière grise n'est pas en
mesure d'accomplir ces missions distinctes en même temps.
Un individu qui n'aurait pas à refouler ses émotions,
tout simplement parce qu'il en serait dépourvu, pourrait paradoxalement garder
un souvenir 100 % intact. Raison invoquée par les scientifiques : le cerveau
d'un tel individu ne devrait se concentrer que sur le travail d'assimilation,
et pas sur celui de sélection. Mais qui pourrait n'éprouver aucun sentiment en
vivant un événement exceptionnel ? C'est la raison pour laquelle le meilleur
conseil à formuler est de toujours laisser s'exprimer nos sentiments.
Si vous refoulez trop vos émotions le jour de la
naissance de votre enfant, vous n'en conserverez qu'un mince souvenir plus
tard. Alors, riez, pleurez de joie et soyez heureux quand le bonheur frappe à
votre porte. Vous ne l'oublierez pas de si tôt !
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